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Commémoration du 11 novembre - Nov. 2003

 

Paris, le 10 novembre 2003,

Commémoration du 58e anniversaire de l'armistice de la guerre 1914-1918 

Mesdames, Messieurs les députés européens,
Madame la députée,
Mesdames, Messieurs les adjoints au maire,
Mesdames, Messieurs les élus,
Messieurs les anciens combattants et porte drapeaux,
Mesdames, Messieurs,

merci d'être venus nombreux à cette célébration en Mairie du 2e arrondissement.

Avant d'être la commémoration d'une victoire, je souhaite que cette cérémonie soit avant tout une célébration de la paix. Et de la mémoire.

Car, même si elle peut être légitime lorsqu'elle sert à libérer un peuple de l'oppression et de l'asservissement, la guerre doit être le dernier recours, la pire des options quand toutes les autres ont échoué.

Elle peut être nécessaire mais elle est rarement juste. Pour les victimes, leurs proches et tout ceux qui ont perdu un être cher, elle est vécu comme un sacrifice et une profonde injustice qui inscrit dans la chair une marque indélébile.

La question de la justesse de la guerre, est hélas, constamment relancée par l'actualité. Il y a un an, lors de la dernière commémoration du 11 novembre, la guerre en Irak paraissait inévitable. Aujourd'hui elle semble interminable, malgré sa fin déclarée, il y a plusieurs mois… Les horreurs de la " Grande guerre " avaient pourtant inspiré la création de la Société des Nations, ancêtre de l'ONU, ayant parmi ses principes, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Un principe dont l'application ne semble toujours pas, acquise aux yeux de tous.

Pour l'historien Philippe Joutard " La mémoire des événements dure aussi longtemps que ceux-ci ont un sens pour le présent ". Ainsi, peu de familles françaises ont été épargnées par l'horreur de la " Grande guerre ".

Les petits-enfants de la génération en deuil de 14-18 ont aujourd'hui quarante ans, ou plus, et pour la plupart, ont eu un grand père combattant ou défunt, qui a forgé leur histoire. C'est en fouillant dans leurs greniers que les Français renouent avec la grande histoire par le biais de la petite, celle de leur famille, se passant le relais des souvenirs d'une génération à l'autre.

La Première guerre mondiale, qui devait être courte, a ravagé le continent européen pendant 4 ans, lui coûtant plus de 9 millions de morts, laissant 6 millions d'invalides, 3 millions de veuves, 6 millions d'orphelins. Sans oublier ni les nombreuses victimes dans les rangs des combattants des colonies d'outre-mer, dont le sacrifice a été trop longtemps occulté. Ni les " fusillés pour l'exemple ".

L'atrocité des tranchées de 14-18, si bien représentée par le peintre expressionniste allemand Otto Dix, a été décrite par toute une génération d'auteurs des pays touchés, tels Céline (Celui du " Voyage au bout de la nuit "), Henri Barbusse, Ernst Jünger ou Erich Maria Remarque (auteur du magnifique " A l'ouest rien de nouveau "). Les lettres des poilus nous offrent aussi de poignants témoignages.

Ces nombreux écrits ont rendu palpable la sensation d'absurde et d'atrocité, face à la mort violente des appelés des deux camps, amenés à s'entretuer pour une cause qui les dépassait. C'est ainsi qu'un poilu anonyme écrit dans son journal : " Brusquement 10 patrouilleurs allemands trouèrent le brouillard devant nous, ils avaient visiblement les mains dans les poches, l'arme à la bretelle. Stupéfaits nos soldats eurent un instant d'indécision, c'est alors que le gradé allemand s'exclama : Triste guerre messieurs, triste guerre, puis le brouillard l'enveloppa ". Des scènes incroyables de fraternisations entre ennemis se déroulèrent, à l'insu des états majors. Un match de football fût organisé entre soldats des deux camps !

La Première guerre mondiale a également marqué l'entrée dans l'ère de la destruction industrielle. Pour la première fois, des gaz furent utilisés et le paysage a été marqué de plaies qui, un siècle plus tard, se sont à peine refermées. Dans de nombreux lieux ravagés, la nature n'a que faiblement repris ses droits, sans être encore parvenue à effacer les traces de destruction ; comme si les sociétés industrielles voyaient se profiler un contrepoint à la qualité de vie meilleure qu'elles annonçaient.

La " paix de Versailles " ne fut pas celle de la " der des der ", tant souhaitée, ni celle de l'unité européenne. Il fallut encore une autre guerre.

Aujourd'hui, cette unité est acquise par la construction européenne ou la " paix de Bruxelles ", réalisée contre l'horreur de la guerre et la montée des nationalismes. Une construction resserrant de jour en jour les liens entre les européens, riches de leur mémoire et désormais tournés ensemble vers l'avenir.

En ce 58e anniversaire de l'Armistice, saluons ensemble la mémoire de ceux qui ont disparu au début du siècle dernier, et faisons le vœu que les générations de ce siècle fraîchement entamé, sachent vivre dans la paix et la fraternité, conscients des enjeux qui se posent pour l'humanité.



 
 
 

Communiqués 2003